ASSOCIATION BIEN VIVRE EN VALLESPIR

EN VALLESPIR,
LE PONT DE TROP !

* Déductible de vos impôts

 

Alors que l’artificialisation des sols naturels et agricoles est partout dénoncée, nous contestons le projet de route à l’Est de Céret (de la zone Tech Oulrich à Nogarède) avec franchissement du Tech.

Nous nous interrogeons sur le besoin réel de cette infrastructure et nous refusons les destructions qu’elle inflige aux humains et aux milieux naturels et agricoles.

LE PROJET OFFICIEL

Par arrêté préfectoral n°2011209-0001 du 28 juillet 2011, ont été déclaré d’utilité publique dans le projet retenu :

Une déviation de Saint-Jean par le Nord (RD900 du rond point de la déviation du Boulou jusqu'à la zone de Oulrich) ;

➜ Un nouvel accès à Céret et à Maureillas comprenant la réalisation d’un nouveau pont sur le Tech (RD115/RD618).

Contrairement au projet initial, le franchissement du Tech par un nouveau pont est devenu prioritaire au projet de voie rapide contournant Saint -Jean. Les travaux devraient permettre cette construction du pont à l'horizon 2021.

40 MILLIONS D'EUROS  ! 

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330 MÈTRES DE LONG 

17,5  MÈTRES DE HAUT 

LES CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DU PROJET

(source : Dossier d’enquête préalable à la DUP, 2010)

Un ouvrage sur le Tech de 330 mètres linéaires reliera le secteur de la zone Oulrich à la RD618. Viaduc à 3 piles. Hauteur de l’ouvrage au droit du lit mineur du Tech : 17,5m. 

2,575 km de voirie. 

Près de 300 000m³ de terre végétale déblayée. 

3 giratoires. 

Chaussée 2 x 1 voie de 7m de large.
➜ Le projet officiel ne mentionne pas la nécessité d'un deuxième pont avant la zone Oulrich pour le franchissement d'un ravin, et pourtant il est en cours ...

Notre analyse est fondée exclusivement  sur des éléments factuels, chiffrés et sourcés.

LES OBJECTIFS OFFICIELS

Les objectifs d'après l'enquête publique de 2010 : 

➜ L'amélioration de l’accessibilité au Vallespir. 

La desserte efficace des agglomérations. 

La valorisation des activités économiques, en particulier celles du tourisme et du thermalisme.

La réduction significative des temps de parcours pour les accès à l’autoroute et à la plaine du Roussillon pour tout le Vallespir. 

Questions ? 

- On peut  s’interroger sur la manière dont le projet améliorera la desserte « thermale  et touristique » dans l’intercommunalité ? 

- De quelle zone thermale s’agit-il et quelles infrastructures touristiques sont concernées ? 

- A-t-on besoin vraiment de ce pont et de cette route ? 

- À QUI ou à QUOI cela va servir ? 

Quels sont les buts non avoués dans la DUP de ce pont ?
➜ N’y a-t-il pas d’autres priorités pour le Vallespir ? 

➜ Nous allons voir pourquoi ce projet ne se justifie pas. 

➜ Le projet officiel ne mentionne pas la nécessité d'un deuxième pont avant la zone Oulrich pour le franchissement d'un ravin, et pourtant il est en cours ...

POURQUOI CE PROJET NE SE JUSTIFIE PAS ?

Contrairement aux objectifs initiaux du projet, mentionnés dans la DUP (Déclaration d’Utilité Publique ), 
la «nouvelle route» et le pont ne diminueront pas la circulation en provenance ou en direction du Haut Vallespir, et de fait n’impacteront pas les problèmes de circulation à l’entrée de Céret.

Un état des lieux accablant confortant l’inutilité publique de ce projet. Pour rappel, voici les 
principaux arguments avancés dans la DUP :

 

• ARGUMENT 1 : « la réduction significative des temps de parcours pour les accès à l’autoroute et à la plaine du Roussillon  pour tout le Vallespir ».

DANS LES ÉTUDES PRÉALABLES : « Les temps de parcours mesurés entre le giratoire de l’échangeur autoroutier et l’entrée de la commune de Céret s’élèvent en moyenne à 5 minutes et 30 secondes pour une distance de 6km, soit  une vitesse moyenne de 66km/h. Ce résultat montre bien que le trafic reste pour l’instant fluide sur la RD115 ».

 En fait on parle d’une déviation de plusieurs dizaines de millions d’euros pour gagner quelques poignées de secondes …

• ARGUMENT 2 : « Desservir efficacement des agglomérations ».

DANS LES ÉTUDES PRÉALABLES : « Le trafic de la RD115 entre le Boulou et Céret, bien qu’assez important, n’induit pas pour l’instant de saturation de l’infrastructure […]»

 L ’infrastructure prévue ne permet que l’amélioration de la desserte des quartiers Est de Céret et nullement celle de l’ensemble de l’agglomération, du Vallespir et de Maureillas. 
Est ce que d’autres solutions, moins coûteuses (utilisation du pont de chemin de fer, réaménagement du rond point du pont de Céret …) ne pourraient -ils pas mieux répondre à cet objectif de la DUP ?

• ARGUMENT 3 : « Réduire les ralentissements et bouchons sur la RD115 en période estivale ».

Il s’agit d’un projet pharaonique pour fluidifier le trafic notamment en période estivale alors que celui-ci augmente seulement de 13 % l’été ! (selon les chiffres publiés sur le futur PLU).

 Toutes les régions touristiques doivent composer avec l’afflux de véhicules à certains moments de l’année et 

s’employer à faciliter l’accès des visiteurs. Pour autant , investir plus de 40 millions d’euros pour quelques dizaines de jours d’embarras de circulation est irresponsable.

Un projet censé faire face à l’augmentation du trafic, basé sur des prévisions opaques et surévaluées :

Depuis les années 1990 la population de Céret se maintient à peine. C’est seulement depuis 2014 que la croissance 
démographique reprend lentement.

Dans la Communauté de Communes du Vallespir, la croissance démographique entre 2011 et 2016 s’est établit autour de +0,5 %/an contre +0,9 %/an au niveau du département (sources : INSEE, 2019).

Plus probant encore, sur cette même période, dans la Communauté de Communes du Haut Vallespir (dont la DUP 
est censée améliorer l’accessibilité), la croissance démographique est négative -0,6 %/an (sources : INSEE, 2019).

On est très loin des ratios utilisés dans les études préalables !

Une balafre dans le paysage, un impact négatif sur l’attractivité touristique du Vallespir :

 

Outre l’impact des travaux et la pollution engendrée par le chantier, le projet sera lourd de conséquences. Ce nouvel axe de circulation serait une balafre de plus dans un milieu naturel dont le paysage, la faune et la flore sauvages, le charme naturel des rives du Tech sont recherchés par de nombreux habitants et touristes. Ce paysage est aussi le terrain de nombreuses activités physiques de pleine nature, plébiscitées par tous les acteurs politiques et économiques du secteur (trail, randonnée, vélo, balades équestres, baignade, etc…)
 

Les paysages sont le support de notre attractivité touristique (historique) et de tellement plus encore. En témoigne laterre d’inspiration qu’a été Céret pour les plus grands peintres de ce monde tout au long du 20ème siècle.

Une balafre de plus dans un environnement préservé.

La zone d'activité Tech Oulrich

Un projet qui ne favorise en rien le développement économique du Vallespir et en particulier de la zone d'activité Tech Oulrich :

Pour justifier cet investissement, l’argument du développement économique du secteur est systématiquement avancé.Hors, la zone Tech Oulrich bénéficie déjà d ’un giratoire et d’un accès routier direct. Si elle venait à s’étendre côté Est comme indiqué dans le PLU (il reste aujourd’hui encore des terrains à la vente), une autre entrée pourrait être envisagée, mais pas nécessairement plus.

 

En aucun cas, le « déblocage » des terrains à vocation économique n’est conditionné par la création de cette nouvelle infrastructure routière car le PLU arrêté a déjà intégré ces futurs besoins fonciers. 

 

Pour rappel, en 2015 DIAM BOUCHAGE investissait 30 millions d’euros dans une nouvelle unité de traitement du liège par le procédé « Diamant® » et créait 25 emplois. Cela nous semble être la preuve irréfutable d’une accessibilité satisfaisante de la zone.

Un projet obsolète avant même d’avoir démarré, à contre-sens de toutes les politiques publiques actuelles :

Ce pont est un projet qui se base sur une enquête publique vieille de 10 ans, niant ainsi les changements qui ont eu lieu depuis, dans notre territoire mais aussi dans notre pays et dans le monde au sujet de la préservation des ressources de la planète.

 

Au delà d ’une prise de conscience massive sur l ’urgence climatique, les obligations morales et réglementaires de 

nos responsbles politiques ont fortement évolué ces dernières années. Le Plan biodiversité du 4 juillet 2018 en est 
une illustration. Il fixe comme objectif de parvenir à zéro artificialisation nette. Il s’agit de limiter autant que possible la consommation de nouveaux espaces et, lorsque c’est impossible, de «rendre à la nature» l’équivalent des 

superficies consommées.

 
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UN PROJET DESTRUCTEUR :

Des hectares de terres naturelles et agricoles artificialisées
au détriment de la biodiversité, de  l’agriculture, des paysages et du cadre de vie

Chaque jour en France, des dizaines d’hectares de terres naturelles, agricoles et forestières disparaissent au profit de l’urbanisation (3000 hectares/an en Occitanie). Aujourd ’hui, c’est l’équivalent de la superficie d ’un département moyen qui est bétonné tous les 7 à 10 ans. Les Pyrénées Orientales n’échappent pas à ce constat. Le rythme d’artificialisation des sols est d’ailleurs particulièrement inquiétant.

Et pour cause, par courrier du 23 octobre 2018le Préfet de Région rappelait à tous les Préfets d’Occitanie «les enjeux et les moyens de la maîtrise de l’artificialisation des sols en Occitanie ».

 

Voici ce qu'il écrit dans ce courrier qui tire la sonnette d’alarme :

"Notre région est la plus attractive de France ... En 10 ans, la tâche urbaine a augmenté de 14,5 %. Une surface de 730 m² en moyenne a été artificialisée pour chaque habitant supplémentaire en Occitanie. Un tel ratio est insoutenable à long terme au regard des prévisions démographiques. Cet étalement urbain excessif s'est traduit, depuis une trentaine d'années, par le développement des zones pavillonaires et des surfaces commerciales ou encore par la multiplication des zones d'activités. Il aura pleinement impacté le territoire : spéculation foncière, affaiblissement de l'outil de production agricole, augmentation des distances domicile/travail, ségrégation "sociale", déprise agricole et dégradation de la biodiversité.

 

Prolonger cette trajectoire menacerait le maintien de l'attractivité régionale face aux grands changements à venir : défis énergétique et climatique, défi de la sécurité alimentaire. Il est donc nécessaire de renforcer l'action de l'État en faveur d'une gestion économe de l'espace qui préserve dans la durée :

- Nos capacités d'accueil et donc le maintien de notre dynamique démographique ;

- Notre outil de production agricole.

 

Il convient d'inciter les acteurs à faire évoluer leur regard en matière d'urbanisme vers les principes suivants :

- Le développement dans les zones déjà artificialisées, notamment dans les coeurs des villes, doit devenir la règle ;

- L'extension doit devenir une "exception justifiée" dans le cadre du triptyque "éviter, réduire, compenser".

Ce dessein est d'autant plus ambitieux qu'en parallèle, nous devrons mettre en oeuvre le choc de l'offre de logement et accompagner les évolutions du monde agricole."

 

FINANCES PUBLIQUES

Un projet au coût faramineux et disproportionné, dans un des départements les plus pauvres de France :

Le coût du projet avait été estimé initialement en 2010 autour de 35 millions d’euros. Avec l’augmentation des prix de la construction (14,6%), le budget dépasserait aujourd’hui les 40 millions d’euros.

La Communauté de Communes du Vallespir financera quant à elle des acquisitions foncières non bâties à hauteur d’1 million d’euros (Conseil communautaire du 14 décembre 2018).

Ces 40 millions d’euros ne serviront qu’à faciliter l’accès aux quartiers Est de Céret … C’est un coût disproportionné pour un faible bénéfice économique, sachant que 22% des habitants des Pyrénées Orientales vivent en dessous du seuil de pauvreté … (Source : DGFIP, 2016).

 

Ne pourrait-on pas trouver un meilleur usage pour résoudre les problèmes de pauvreté et de chômage ?

 

HABITATS HUMAINS

Un projet destructeur de maisons qui ont une histoire, une vie :

Parmi les habitats et les terrains concernés , le Mas « La Pouillède », qui servit de lieu de Résistance, de protection des maquisards pendant la seconde guerre mondiale … Ce mas a toutes les caractéristiques d’un mas d’intérêt patrimonial et rentre bien dans la réglementation proposée par le SCoT pour la prise en compte de l’évolution de l’habitat isolé historique. D’autres maisons seront détruites et obligeront plusieurs familles à abandonner leur lieu de vie. 

 

TERRES AGRICOLES

Un projet destructeur pour les terres agricoles :

Le projet détruira un grand nombre de terres agricoles avec un potentiel agronomique élevé. Il perturbera le fonctionnement de plusieurs exploitations agricoles actives : nécessité d ’échanges de parcelles, replantations, restructurations, investissements perdus …  Cela va s’ajouter à  la destruction en cours sur la zone du Palau.  C’est  la 

même logique : ce projet s ’inscrit dans un axe de bétonisation de la zone allant d’Oulrich à Nogarède. Il s ’agit d’unevision dépassée du développement économique et démographique.

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BIODIVERSITÉ 

Un projet destructeur pour l’environnement et la biodiversité :

La construction du pont va se faire au détriment d’un site NATURA 2000 du Tech et de son bassin versant (Natura 2000 a pour objectif de préserver la diversité biologique en Europe en assurant la protection d’habitats naturels exceptionnels en tant que tels ou en ce qu’ils sont nécessaires à la conservation d’espèces animales ou végétales). 
 

En outre, l’emplacement du pont se trouve au coeur de deux zones répertoriées  ZNIEFF :  Zone  naturelle  d'intérêt 

écologique, faunistique et floristique (un espace naturel inventorié en raison de son caractère remarquable).


Dans les documents officiels (Schéma de COhérence Territoriale Littoral Sud et le Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau Tech Albères), il est bien précisé qu’il faut garder les corridors écologiques, préserver les rivières et les réservoirs de biodiversité. Or, ce pont va détruire une des dernières zones sauvages fluviales de Céret. Il s’ agit du Tech et de son affluent, la rivière du ravin de « Fulla », corridor remarquable par la richesse de sa biodiversité : « milieu d ’intérêt écologique particulier ». Elle abrite une espèce protégée : la tortue «émyde lépreuse», et de 

nombreux oiseaux (la bondrée apivore, chevêche, hulotte, circaète, …). 

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